Chronique

Croissance : quand reviendras-tu ? Dis, au moins, le sais-tu ?
Carlos Ghosn l’avait bien annoncé : la rentrée sera difficile pour Renault mais également pour la croissance française. Le 7 août, Jean-Claude Trichet, président de la Banque centrale européenne, reconnaissait que “certains risques pour la croissance se matérialisent”. Une semaine plus tard, le chiffre du PIB de la zone euro pour le deuxième trimestre 2008 tombait : - 0,2 %. Pour la France, selon l’Insee, la baisse était même de 0,3 %, et le gouvernement annonçait sa mobilisation face au spectre de la récession. Malheureusement, ses marges de manœuvre sont faibles et les principaux moteurs de la croissance (investissement, consommation et commerce extérieur) sont en panne. Il semble bien probable que la croissance française, en 2008, soit seulement de l’ordre de 1 % malgré les effets attendus des réformes structurelles (loi de modernisation de l’économie, 35 heures, etc.) et sans compter l’impact non mesuré de la crise financière américaine. Pendant que tous les pays européens réfléchissent aux actions à mener au vu de la situation, la Chine cherche à éviter la surchauffe : en 2008, le PIB chinois devrait bondir de 10,5 %, après 11,9 % en 2007 ! Le monde change, et la France doit s’adapter pour capter une part plus importante de la croissance mondiale. Sinon ? Le monde se passera très bien de nous, mais nous, nous ne pouvons pas nous en passer. Nos grandes entreprises l’ont bien compris, et elles vont la chercher partout dans le monde. Résultat, malgré une conjoncture maussade en France, les profits des industriels du Cac 40 sont en hausse. Les opérations de consolidation des années passées aident aujourd’hui les groupes français à maintenir leur position. Pour fabriquer de la croissance, il faut une demande, être compétitif sur les marchés et avoir des capitaux.

Qu’en est-il en France et dans le reste du monde ?
– La demande mondiale migre vers de nouveaux territoires (Chine, Inde, pays émergents d’Europe, pays du Golfe, etc.) : la production devra suivre (ex. : Airbus en Chine), on ne pourra plus simplement exporter de l’Hexagone.
– La compétitivité de l’entreprise “France” est moindre que celle des nouveaux pays émergents : coûts de production élevés, marché du travail rigide, 35 heures, etc.
– Les capitaux sont abondants dans le reste du monde mais, malheureusement, nous continuons à les faire fuir (cf. ISF).
Que faire ? Pour toutes les entreprises, PME comprises : aller chercher la croissance où elle se trouve. Pour l’État : libérer la croissance de ses entraves.


Michel Albouy
Professeur, université Pierre-Mendès-France et Grenoble École de Management




       

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Administration de Grenoble Ecobiz

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