Élan d’optimisme

Enquête réalisée du 3 au 13 janvier 2006 par la Chambre de commerce et d’industrie de Grenoble auprès de 20 organisations professionnelles et de 150 chefs d’entreprise (industrie, commerce, services) de la région grenobloise

Après une année 2005 plutôt terne, le début de l’année 2006 se révèle plus propice à l’optimisme. Les anticipations des chefs d’entreprise montrent un raffermissement de leur confiance depuis le second semestre 2005. La meilleure orientation de la fin de l’année et la progression de la production industrielle contribuent à restaurer leur moral. Les perspectives sont plus encourageantes du côté des investissements, des exportations, de l’emploi, et l’environnement économique est porté par la croissance mondiale. Beaucoup de dirigeants ont d’ailleurs fait de l’international leur priorité en 2006.
Formation - Renouvellement des compétences : l’enjeu de la formation professionnelle
Les grandes entreprises semblent avoir pris les devants : gestion des compétences et plans d’employabilité constituent des outils pour développer le potentiel des salariés. Plus de 70 % des dirigeants interrogés déclarent connaître le droit individuel à la formation (DIF). La validation des acquis de l’expérience (VAE) reste, elle, sous-utilisée.

“Nous intervenons sur des problématiques propres aux entreprises industrielles ou de production. Le public ciblé recouvre les agents de production et de maîtrise ainsi que l’encadrement de proximité. Nous assistons aujourd’hui à une prise de conscience des problématiques de pertes de savoirs et de savoir-faire. Il y a même urgence pour certaines entreprises qui réalisent qu’elles ne pourront plus fonctionner après le départ en retraite d’opérateurs présents depuis des décennies ! Sur des process industriels anciens, la perte de savoirs peut s’accompagner d’une décision de délocalisation pour reconstruire la compétence dans des pays où la main-d’œuvre est moins chère. En ce qui concerne le DIF, les entreprises commencent à se rendre compte qu’elles ont intérêt à programmer rapidement des formations si elles ne veulent pas se retrouver avec un capital d’heures inconsommable.”

Activité : société de conseil et formation
Effectif : 25 salariés


Philippe Silvestre, dirigeant de DFM (Photo F. Ardito)


Restauration - Forte déception

Sans baisse de la TVA, les professionnels de la restauration, très mobilisés par cette question, ne portent pas d’espoir de développement en 2006. Ils s’avouent même extrêmement inquiets, après un deuxième semestre 2005 peu favorable.

“Je suis très déçu du passage compromis de la TVA à 5,5 %. Oui, c’est un nouveau coup dur pour l’hôtellerie. Car il faut savoir que depuis 1981, nous perdons un hôtel chaque année dans la région d’Allevard. Les hôtels-restaurants sont en train de connaître le même sort que les stations essence autrefois. Notre secteur est de plus en plus vulnérable du fait des normes qui changent constamment, des 39 heures dures à tenir, de la pénurie de main-d’œuvre, de la difficulté pour transmettre son entreprise. Le contexte change lui aussi : les touristes zappent de plus en plus dans leur mode d’hébergement et réservent au dernier moment. Quant à leur pouvoir d’achat, il tend à baisser indéniablement. La chance du Pic de la Belle étoile est de s’être positionné suffisamment tôt sur la niche des séminaires et de pouvoir compter sur une petite équipe polyvalente et professionnelle.”

Activité : hôtel-restaurant, accueil de séminaires
Effectif : 8 salariés
CA 2005 : 720 ke




Jean-Marc Raffin, gérant du Pic de la Belle Etoile et président de l’Union de l’hôtellerie des Pays d’Allevard et des 7 Laux (Photo P. Borasci)


Secteur bancaire - L’heure au recrutement
Le développement des exportations et de la consommation et une croissance plus forte qu’en 2005 devraient être des éléments de nature à soutenir l’activité des banques. Près du quart des effectifs du secteur partira en retraite entre 2008 et 2010.

“Nous prévoyons des départs massifs en retraite entre les années 2008 et 2010. Cependant, beaucoup de salariés sont déjà partis au moment où, en 1999, nous avons fermé notre régime de retraite spécifique. Aujourd’hui, notre volume de salariés dans les tranches d’âge hautes est donc moins important par rapport à d’autres établissements. Et nous souhaitons conserver nos salariés les plus âgés, notamment sur le front des ventes, pour accompagner une clientèle elle aussi en pleine évolution démographique. En 2005, nous avons opéré 112 recrutements pour 54 départs suite à l’ouverture d’agences et à la mise en place de notre plan stratégique. Les profils commerciaux, entre bac + 2 et bac + 4, représentent  90 % de nos recrutements, et nous portons l’accent sur l’apprentissage, avec 31 contrats de professionnalisation en cours.”

Activité : établissement bancaire
Effectif : 1 201 salariés




Jean-Pierre Tamiji, directeur des ressources humaines, membre du directoire de la Caisse d’épargne des Alpes (Photo P. Borasci)


Industrie - Priorité à l’international
Dans l’industrie, la mondialisation ne connaît pas de répit. Les chefs d’entreprise de la région grenobloise mettent au premier rang de leurs priorités leur développement à l’international et la pénétration des marchés extérieurs, dont l’Asie.

“La SDCEM (Société dauphinoise de construction électromécanique) est en train de construire une usine en Chine pour se rapprocher de ses clients. Notre ambition est de doubler notre taille et de réaliser 50 % de notre chiffre d’affaires dans ce pays. En revanche, le cœur de métier restera bien toujours en Rhône-Alpes. Lorsque l’on est entrepreneur, il faut faire des paris. Pari dûment mesuré en ce qui nous concerne, car la décision de s’installer en Chine résulte d’une solide analyse straté-gique, appuyée par mes propres connaissances du marché chinois et l’aide de Grex. En outre, nous avons voulu éviter l’écueil de partir avec un partenaire chinois. La conquête du marché chinois sera entre de bonnes mains, à savoir celles de trois expatriés de la SDCEM. Notre contrat de licence d’exploitation sera prêt au printemps, et nous avons déjà 1,5 ME de commandes à honorer dès l’ouverture. La conjoncture est d’ailleurs bonne dans notre secteur d’activité : nous sommes positionnés sur des domaines tels que le ferroviaire, la production d’énergie hydraulique et le transport, qui sont en forte croissance en Asie, mais aussi en Amérique latine. Sur ce continent, nous allons d’ailleurs étoffer notre réseau d’agents. Il faut aussi parler du Maghreb, qui se développe bien également.”

Activité : fabrication de matériel de distribution et de commande électrique pour haute tension
Effectif : 117 salariés
CA 2005 : 11,5 Me




Marcel Torrents, PDG de SDCEM (Photo P. Borasci)


Pages réalisées par Élisabeth Ballery, Séverine Cattiaux et Isabelle Doucet-Sardin à partir de la Lettre de conjoncture n° 15 de la CCI de Grenoble (janvier 2006).
Prochain rendez-vous de Conjoncture : novembre 2006.
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