Corial manie le plasma

Labellisée “Jeune entreprise innovante” dans le secteur de la microélectronique, Corial est un nouvel entrant, ou presque. Car elle bénéficie de 30 ans de R & D dans le plasma.

La matière est connue sous trois états, solide, liquide et gazeux, auxquels il faut en ajouter un quatrième : le plasma, présent dans les étoiles et le soleil. “Un plasma peut également se former à température plus basse si la source d’ionisation lui est extérieure et servir à graver les circuits intégrés ou les microsystèmes”, explique Pierre Parrens, président du comité de direction de Corial. Chercheur au CEA-Léti, Pierre Parrens crée la société Nextral en 1983. Son but : fabriquer des machines pour la gravure et le dépôt par plasma. “À l’époque, je pressentais déjà que cette technologie allait avoir de nombreuses applications dans le domaine des semiconducteurs, des microsystèmes et des optiques intégrées”, explique-t-il. En 2001, un changement de cap de la maison mère le conduit à quitter sa propre société, devenue entre-temps Unaxis-Nextral . Une dizaine d’anciens collègues se retrouvent toutefois deux ans plus tard, animés par l’envie de ne pas laisser disparaître un tel savoir-faire. Pierre Parrens les soutient au titre de business angel. Et, pour développer la partie vente, entre en scène Werner Miebach, issu de Schneider Electric. Ce dernier devient cofondateur de Corial et dirige aujourd’hui la société avec Pierre Parrens.


Un réseau de vente mondial
Corial s’adresse à trois types de clientèle : les fabricants de microsystèmes, comme les capteurs, les concepteurs de dispositifs optoélectroniques et les industriels qui ont recours à l’analyse de défaillance des circuits intégrés. Pour cela, “nous avons dû redévelopper complètement le soft et le hardware de nos équipements”, souligne Werner Miebach. Forte de l’ancien réseau de Nextral, l’entreprise s’est dotée en un temps record d’un réseau de vente mondial. La PME peut aussi compter sur quelques débouchés locaux. C’est à la Chine que la première machine Corial est vendue en 2004. “Contrairement aux Français, les Chinois lancent la production à partir d’idées encore à l’état de recherche”, observe Pierre Parrens. Depuis plus d’un an, cette jeune entreprise perce avec ses nouveaux produits, dans un contexte concurrentiel mondial pourtant difficile. La preuve en est qu’après 18 mois et quatre rangs d’essais, Corial se retrouve en compétition pour décrocher un contrat avec un grand compte en Asie. En matière de prix, la conjoncture demeure toutefois défavorable pour les Français. “Par l’effet de change, nous sommes contraints d’être 40 % moins chers qu’au début des années 2000.” D’où la pugnacité de la société à innover dans le commercial, l’organisation, la production et les services. La R & D n’est évidemment pas en reste. “Nous préparons le nec plus ultra pour un équipementier : une plate-forme multiréacteur”, dévoile Werner Miebach. Autrement dit, une machine qui fait passer le substrat à traiter dans différents modules grâce à un robot.

S. Cattiaux


 
Pierre Parrens, président du comité de direction de Corial, et Werner Miebach, son cofondateur.

(Photo P. Borasci)


       

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Administration de Grenoble Ecobiz

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