Un rythme toujours modeste de croissance

Plus confiants qu’en septembre 2004, les chefs d’entreprise conservent toutefois en janvier 2005 le même degré d’optimisme qu’un an plus tôt. Au rang des satisfactions, les dirigeants évoquent des projets à l’international, l’ouverture vers de nouveaux marchés, ou l’attente de la signature d’importants contrats. La visibilité des entreprises s’accroît. Seules 6 % d’entre elles craignent une dégradation de leurs activités en 2005. Enfin, les situations financières s’améliorent. Mais les marges restent toujours aussi serrées.

Commerce
Stabilité, sur fond d’inquiétude liée aux déplacements

La problématique du stationnement dans le centre-ville de Grenoble, et plus généralement les déplacements dans la région grenobloise, demeure une préoccupation importante des commerçants et des chefs d’entreprise. L’achèvement des travaux du tramway est fortement attendu.

“La clientèle consomme différemment. Une partie du pouvoir d’achat se reporte sur les produits issus des nouvelles technologies au détriment des commerces de chaussures et de l’habillement. Après la rénovation du magasin en février 2004, nous avons connu une bonne saison printemps-été. Ces travaux ont notamment drainé une clientèle plus jeune. En revanche, la fréquentation baisse depuis l’automne. Est-ce dû aux travaux en centre-ville, dont l’accès est devenu difficile ? Les centres commerciaux en périphérie connaissent un accroissement de leur activité. Quant aux soldes, ils ont bien débuté, avant de subir un coup d’arrêt lié à la neige et au froid en janvier. Le magasin Méphisto a mieux supporté la fin d’année 2004. La notoriété de la marque y est pour quelque chose. La clientèle cherche à acheter des produits de marque, quitte à économiser sur d’autres postes.”


Philippe Clément, dirigeant de Clément Chaussures

Activité : commerce de chaussures
Effectif : 6 salariés
Date de création : 1890 (Photo F. Ardito)


International
“Quand la Chine nous réveillera !”

La montée en puissance du bloc asiatique suscite diverses réactions parmi les entreprises. Près de 25 % d’entre elles se disent inquiètes, évoquant les risques de délocalisation, les tensions sur les marchés des matières premières, ou la concurrence.

“Jusqu’à maintenant, le développement des échanges avec les pays asiatiques est positif. Nous observons une montée de nos concurrents chinois, mais je doute qu’ils arrivent jusqu’ici. Nous vendons en Chine depuis dix ans, un marché qui représentait 36 % de notre chiffre d’affaires en 2004, lequel s’élevait à 39 M€. Au début, nos concurrents étaient essentiellement français, les Chinois sont arrivés progressivement. S’ils présentent un avantage au regard du coût du travail, ils ne proposent pas la qualité à laquelle nos clients sont habitués. La concurrence chinoise sur des marchés européens est peu probable. En revanche, la question de la concurrence peut se poser pour des produits qui intègrent beaucoup de main-d’œuvre. Mais GEA conserve l’avantage technologique.”


Serge Zaslavoglou, dirigeant de Grenobloise d’électronique et d’automatismes (GEA)

Activité : fabricant de péages autoroutiers
Effectif : 150 salariés
Date de création : 1985
(Photo P. Borasci)


Commerce extérieur
Amélioration tangible

Le commerce extérieur reprend de la vigueur en Isère. L’Europe reste en tête des partenaires, les échanges avec les États-Unis se renforçant aussi. A noter la forte progression des échanges avec les nouveaux pays de l’Union et les pays asiatiques.

“Quoique un peu en retrait par rapport à 2004, notre plan de charge 2005 est relativement bon. Notre marché se déplace vers les pays de l’Est et l’Asie, et nous oblige à modifier notre stratégie de ventes. Le secteur de l’outillage industriel doit rester réactif face aux délocalisations des grands groupes. Actuellement, nos clients à l’Est, sous-traitants locaux pour les industriels de l’automobile, augmentent fortement la cadence de production. Inversement, nos commandes en provenance de l’Europe de l’Ouest sont en berne. Vu que nous exportons 90 % de notre production, dont 60 % en Europe, nous réagissons à ces variations en renforçant notre force de vente. Cela nous amène à nous doter de nouveaux agents en Roumanie. Nous anticipons déjà la prochaine évolution du marché, qui semble se diriger vers la Russie.”


Gérard Quatrefages, DG de Sandvik Hard Materials

Activité : fabrication de poudres métalliques à base de tungstène
Effectif : 45 salariés
Date de création : 1990
(Photo P. Borasci)


Investissement
La visibilité s’améliore

Le secteur industriel évolue de façon positive, avec un taux d’utilisation des capacités de production supérieur à l’an dernier. Le niveau correct des carnets de commandes et l’amélioration de la visibilité porte jusqu’à la mi-2005. Les perspectives d’investissement sont également en hausse.

“Le montant de nos investissements représentera 5 % de notre chiffre d’affaires prévisionnel 2005, alors qu’il s’élevait à 3 % du chiffre d’affaires en 2004. Nous continuerons à investir parce que nous n’avons pas le choix si nous voulons reprendre des parts de marché perdues en Asie et aux États-Unis. Nous souhaitons en outre atteindre une taille critique sur le marché du loisir et des voitures radiocommandées en France. Pour cela, nous avons l’obligation d’être plus performants encore, aussi bien en termes d’innovations techniques que de production et de distribution. à l’international, nous devons contrecarrer la parité euro-dollar, car nos concurrents fabriquent en dollar. Nous devons aussi fabriquer en quantité pour optimiser nos prix de revient. La parade est de nous agrandir, soit par croissance externe, soit en créant une joint-venture à Taiwan, par exemple. En France, il nous faut modifier notre mode de distribution pour continuer à être présent auprès du consommateur final. Les ventes ‘anarchiques’ sur Internet des produits de loisir nous pénalisent fortement, car elles modifient le comportement de nos clients des magasins spécialisés en France. Nous continuerons enfin à investir en 2005 en R&D, car nous sommes champion du monde sur notre marché et nous voulons le rester.”


Richard Gautruche, PDG de RB Products

Activité : fabricant de moteurs pour voiture radiocommandée de compétition, distributeur de modèles réduits
Effectif : 18 salariés
Date de création : 1992
(Photo P. Borasci)


Pages réalisées par Elisabeth Ballery, Séverine Cattiaux et Isabelle Doucet-Sardin, à partir de la Lettre de conjoncture n°13 de la CCI de Grenoble (janvier 2005).
Prochain rendez-vous de Conjoncture : novembre 2005.

Enquête réalisée du 5 au 19 janvier 2005 par la Chambre de commerce et d’industrie de Grenoble auprès de 20 organisations professionnelles et de 150 chefs d’entreprise (industrie, commerce, services) de la région grenobloise.

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