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Jean-Luc Bessard, directeur régional d’Orange

Dans le monde en mutation rapide des opérateurs de télécommunications, la région grenobloise compte un acteur de poids : Orange. La direction régionale des Alpes, représentée par Jean-Luc Bessard, réaffirme son ancrage local.

Quels commentaires faites-vous des derniers résultats publiés ?
Avec une hausse du chiffre d’affaires de 2,9 % et une forte augmentation du résultat net à base comparable, le groupe démontre une belle résistance face à la dégradation de la conjoncture économique. Cela tient à plusieurs facteurs. En premier lieu, nos activités reposent en grande partie sur des éléments récurrents, comme les abonnements ou les forfaits. Ensuite, plusieurs études montrent que l’utilisateur n’est pas prêt à sacrifier sa connexion Internet, même en temps de crise. Son arbitrage a tendance à s’exercer au détriment d’autres produits ou services, ce qui joue en notre faveur. Troisième facteur, l’international représente la moitié de notre activité, et la croissance du groupe a surtout été forte ces dernières années dans les pays émergents, moins touchés par la récession que la zone européenne. Nous en bénéficions directement. Enfin, les résultats confirment toute la pertinence de la stratégie menée par le PDG Didier Lombard qui, depuis 2005, a entamé la migration du groupe vers Internet et les services associés. Or on observe bien ces derniers mois la montée en puissance des services de fourniture de contenus, comme Orange foot et Orange cinéma séries.

La crise de 2002-2003 tend donc à s’effacer. Quels enseignements en tirez-vous ?
Au début des années 2000, j’étais en charge du contrôle de la gestion de l’une des grandes directions du groupe. La crise a fait suite à l’éclatement de la bulle Internet. Elle s’est traduite par un endettement colossal dû en particulier au rachat d’Orange. Des plans d’économies significatifs ont été lancés. Toute charge et tout investissement étaient regardés à l’euro prêt. Aujourd’hui, notre ratio d’endettement est l’un des plus bas du secteur, et nous sommes considérés comme une valeur sûre par la communauté financière. Ce qui est certain, c’est que la stabilité de l’activité opérationnelle et la fiabilité de nos business nous ont sauvés. Dans les périodes de turbulences fortes, ces fondamentaux ne doivent jamais être oubliés.

 “Nous essayons chaque fois que cela est possible de nouer des partenariats locaux.”

Vous êtes depuis novembre 2007 à la tête de la direction régionale des Alpes. Quelles sont ses grandes caractéristiques ?
La direction couvre l’Isère, la Savoie, la Haute-Savoie et une partie de l’Ain. Elle regroupe 3 500 salariés, dont 1 600 en région grenobloise. Nos activités se déclinent en deux grandes parties : celles dédiées à la clientèle locale, avec les boutiques Orange (six dans l’agglomération, avec 150 salariés environ), et des services clients pour les interventions de proximité (une centaine de salariés). Mais nous avons aussi sur le territoire grenoblois des activités qui rayonnent bien au-delà de la région, et qui correspondent à de vraies plates-formes de compétences spécialisées pour Orange. Nous avons ainsi un 10 14 (service clients pour les particuliers, NDLR) de 180 salariés environ à Grenoble, un centre de ressources humaines et de comptabilité partagées d’une soixantaine de personnes chacun, ainsi qu’un centre de 400 personnes à Meylan, consacré aux systèmes d’information. Nous avons surtout depuis 1983, à Meylan, un centre de R & D (Orange Labs) de 250 personnes, réputé parmi les dix-huit autres laboratoires qu’Orange compte dans le monde. Il occupe une place importante, puisqu’il s’est vu confier le leadership de toutes les recherches consacrées à l’e-santé, un axe stratégique pour le groupe. Et, enfin, nous avons un centre dédié au marché des entreprises, qui résulte du rachat de Silicomp et s’intègre dans l’activité d’Orange Business Services, notre direction de services aux grandes entreprises.

Comment concevez-vous votre rôle ?
Aucune des activités présentes dans la direction ne consolide ses comptes au niveau local. Le rôle de ma direction est donc d’assurer la représentation du groupe auprès de tous nos clients et partenaires. C’est une mission importante, car si Orange est un grand opérateur mondial, le groupe conserve des valeurs de proximité très fortes.

Comment ces valeurs se concrétisent-elles ?
Notre présence se manifeste au travers de nombreux partenariats avec le monde de la recherche, de l’industrie, des universités et des collectivités. Nous sommes par exemple membres des conseils d’administration de l’université Joseph-Fourier et de Grenoble-INP, partenaires de Grenoble École de Management, avec lequel nous allons encore prochainement signer un accord, mais aussi membres du pôle de compétitivité Minalogic, et très proches du CHU de Grenoble. Notre mission, à l’avenir, consistera de plus en plus à assembler différentes fonctions, ou “briques de base”, pour concevoir des offres de services globales à l’intention des entreprises, des collectivités ou des grands services publics. Par exemple, dans notre Orange Labs de Meylan, nous avons deux activités de recherche clés, l’une en M-to-M (machine to machine, solutions permettant les communications entre machines, NDLR), et l’autre en e-santé. Sur le premier volet, nous avons déjà des applications qui fonctionnent dans le domaine du développement durable. Ainsi, une expérimentation a été lancée à Voiron avec des containers équipés d’une puce capable de déceler s’ils sont pleins ou vides. Optimiser les tournées de collecte de verre devient de ce fait possible. Dans le domaine des transports publics ou de l’éducation, nous avons aussi d’autres expérimentations en cours. Les applications peuvent permettre par exemple de régler son repas sur le campus, une place de spectacle, son abonnement de transport, mais aussi des services de contenus avec paiement sans contact. Notre objectif est d’essayer chaque fois que cela est possible de nouer des partenariats locaux. Dans cette optique, nous sommes à l’affût de toutes les technologies qui peuvent être conçues par des PME, technologies que nous pourrions intégrer et, pourquoi pas, demain, contribuer à industrialiser. C’est le sens du partenariat, par exemple, que nous avons conclu avec la start-up essaimée du CEA, Movea, dans le domaine des capteurs de mouvement. Cette technologie peut nous permettre de proposer un service innovant pour le maintien des personnes âgées à domicile. Et nous avons encore bien d’autres services en préparation pour le monde des soins et l’hôpital. Mais l’accès aux informations pour identifier des partenaires de technologies constitue une vraie difficulté. C’est pour améliorer cette fonction que nous sommes devenus membre d’Ecobiz (service d’information et de travail collaboratif en ligne proposé par la CCI de Grenoble, NDLR). Notre direction se veut une passerelle entre des travaux réalisés en interne et les acteurs de la communauté grenobloise. Nous voulons faire circuler les courants d’idées. Il s’agit à la fois de bénéficier de l’écosystème grenoblois et de lui apporter notre contribution.
Propos recueillis par Élisabeth Ballery


 

 
© F. Ardito


En bref
. Opérateur de télécommunications, 3e opérateur mobile et 1er fournisseur d’accès Internet ADSL en Europe. Un des leaders mondiaux des services de télécommunications aux entreprises multinationales, sous la marque Orange Business Services
. CA 2008 : 53,5 Mds€ (+ 2,9 % par rapport à 2007)
. 182,3 millions de clients dans 30 pays au 31 décembre 2008 (+ 7 % sur un an)
. Résultat net part du groupe 2008 : 5,2 Mds€ (+ 13,6 % à données comparables par rapport à 2007)
. Taux d’investissement rapporté au chiffre d’affaires : 12,8 %
. Réduction de la dette de 48 milliards d’euros fin 2005 à 36 milliards fin 2008
. Effectif total du groupe 2008 : 186 050 collaborateurs (190 500 fin 2007), dont 55 % en France



       

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