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Piloter son entreprise par gros temps

Stagnation économique, indicateurs en berne… Et si cette période constituait une opportunité pour redéfinir sa stratégie et améliorer sa performance ? Conseils et témoignages pour transformer cette saison maussade en printemps durable.
“Les crises font partie des cycles économiques. Elles ont toujours existé, et il y en aura d’autres : inutile de céder au défaitisme”, balaie Laurent Bouquerel, directeur régional d’Oséo à Grenoble, organisme public de soutien à l’innovation et à la croissance des PME. La crise présente d’ailleurs au moins un avantage : “C’est toujours en des temps difficiles que l’on progresse”, assure Jean Vaylet. Le président du Medef Isère estime que ces périodes amènent à reposer la question des fondamentaux. “C’est l’opportunité de reformuler les bonnes questions sur la marche de l’entreprise”, évoque-t-il. Qu’on ne s’y méprenne pas, toutefois : certains secteurs subissent le ralentissement de plein fouet, comme le bâtiment et l’automobile. Ailleurs, les situations sont très contrastées d’une entreprise à l’autre, comme le fait remarquer le président de la CGPME Isère, Robert Sorrel : “Certaines entreprises, notamment celles de la sous-traitance, doivent affronter des annulations ou de gros différés de commandes. En revanche, d’autres annoncent de très bonnes perspectives pour 2009.” Dès les prémices de la crise, la CCI de Grenoble a mis en place un dispositif d’alerte. Son président, Gilles Dumolard, ne veut pas alimenter la sinistrose entretenue par les médias, mais admet que les grands donneurs d’ordres, très présents en région grenobloise, sont touchés de plein fouet tant par la crise financière que par le ralentissement brutal de l’économie au plan mondial. Avec des risques en cascade pour les sous-traitants : “Les plus fins gestionnaires, mais aussi les plus audacieux, s’en sortiront. Les plus fragiles – pas forcément les plus petits – doivent être accompagnés ou défendus. Nous nous y emploierons de façon à être prêts pour la reprise”, ajoute-t-il.


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“La communication est stratégiquement plus importante dans les temps difficiles.”

Premiers réflexes
“Basta !” le manque de confiance et l’attentisme, qui auto-alimentent la crise. Les premiers réflexes sont de s’informer précisément de toutes les mesures que les pouvoirs publics mettent actuellement en place pour franchir ce cap et encourager la reprise. “Il faut connaître ces dispositifs et s’en servir ! Les plus petites entreprises sont celles qui souffrent le plus du déficit d’information, alors qu’un grand nombre de dispositifs leur sont réservés, notamment des aides à l’exportation”, observe Robert Sorrel. “Le gouvernement a exigé des banques et des assureurs-crédit qu’ils tiennent leurs engagements. Dans les situations les plus délicates, il ne faut pas hésiter à se rendre au tribunal de commerce pour engager des procédures de sauvegarde, afin d’apurer un passif important et d’éviter d’en arriver à la cessation de paiements”, poursuit-il. Oséo a récemment vu sa capacité d’intervention dopée grâce à l’injection de 9 milliards d’euros par les pouvoirs publics, à l’occasion du plan de relance annoncé par le président de la République et du plan de soutien aux PME défini par la ministre de l’Économie. “Il existe plusieurs produits pour aider à surmonter les trous de trésorerie liés aux baisses brutales de chiffre d’affaires, tels que l’affacturage ou le crédit de consolidation, par exemple”, ajoute Laurent Bouquerel. Le volet offensif sera quant à lui dominé par l’innovation. “Il ne faut pas hésiter à se remettre en question, martèle Robert Sorrel. Le temps est peut-être venu d’imaginer de nouveaux procédés de fabrication moins coûteux, de trouver d’autres gisements de productivité. Et, pourquoi pas, de déceler de nouvelles niches commerciales ! Si la trésorerie est suffisante, c’est le moment clé pour améliorer sa performance à l’international.”Et pour réaffirmer ces valeurs fondamentales, la communication externe peut jouer tout son rôle. Antoine Kevorkian, le président de Teem Photonics, l’assure : “La communication est stratégiquement plus importante dans les temps difficiles qu’en période de croissance : c’est à ce moment-là qu’il faut agir, en pratiquant une communication ciblée vers ses clients et prospects.”






Échanger et construire sur le long terme
Les performances des entreprises industrielles sont particulièrement sensibles dans ce contexte. Au sein de la plate-forme d’échange Ecobiz de la CCI de Grenoble, François Cazes, animateur de la communauté “performance industrielle”, conseille d’abord de prendre le temps de s’informer de toutes les possibilités d’optimiser ses processus de production. “La communauté ‘performance industrielle’ offre des opportunités uniques d’échanges entre entreprises et avec des consultants spécialistes de l’amélioration continue. Elle est d’autant plus précieuse dans cette conjoncture qu’elle permet de rester ouvert à l’environnement et de s’inspirer de ce qui marche chez les autres”, précise-t-il. Pour Philippe Baussand, dirigeant à Seyssins d’Actemium, l’expert en solutions industrielles et énergétiques innovantes du groupe Vinci, la crise est une opportunité idéale pour repenser sa productivité en misant sur les pôles de compétences. “Il faut se donner envie de travailler ensemble. Œuvrer dans les réseaux, ‘benchmarker’ les bonnes pratiques : nous l’avons répété à nos clients, qui ont réussi à contourner les aléas de 2008 en faisant preuve d’anticipation”, souligne-t-il. Anticipation : voilà bien un mot que la crise éclaire. “Une entreprise qui ne se projette pas assez dans le futur, alors même que sa niche s’avère rentable, devient vulnérable. Il n’est certes pas facile de gérer l’immédiat et de préparer l’avenir en même temps. D’où l’importance de savoir solliciter les compétences nécessaires pour innover en toute confiance”, estime Philippe Baussand.




“Les partenariats jouant sur la complémentarité des produits et des marchés permettent de consolider son activité.”

Jouer l’ouverture
La tentation du repli et de l’isolement est plus forte dans les périodes délicates. C’est pourtant à ce moment-là qu’il est nécessaire d’opérer des rapprochements. Pour Jean-Paul Fénéon, cette ouverture est une absolue nécessité. Le président de Dervieux-Retis Solutions insiste pour que les dirigeants de PME changent d’état d’esprit : “Il n’est pas toujours évident pour les chefs d’entreprise d’accepter de se rapprocher pour concevoir et bâtir des stratégies communes. Pour autant, la solitude et la méfiance ne sont pas les bonnes parades. L’expérience l’a déjà montré : les partenariats jouant sur la complémentarité des produits et des marchés permettent de consolider son activité, avec des effets pouvant être rapides et durables”, explique cet expert de la communauté “dirigeants de PME-PMI” de la plate-forme d’échange Ecobiz. Même mouvement de rapprochement à opérer avec des structures de conseil, qui rassemblent elles-mêmes leur expertise pour proposer des aides “packagées”. L’Udimec et Grex, le centre de commerce international de la CCI de Grenoble, l’ont démontré au cours d’une session d’information commune en décembre dernier. Les deux structures proposent déjà depuis deux ans un accompagnement terrain complet aux entreprises industrielles dans leur développement à l’international. Elles veulent aussi répondre ensemble aux interrogations suscitées par la crise, qu’il s’agisse de questions de droit social, de droit des affaires ou d’ingénierie financière.




Aucune stratégie ne saurait porter ses fruits sans une attention renforcée à la politique humaine de l’entreprise.

Des personnels clés pour préparer la reprise
Aucune stratégie adaptée aux périodes de crise ne saurait non plus porter ses fruits sans une attention renforcée à la politique humaine de l’entreprise. “Il faut rester très vigilant en matière de management”, confirme Denis Falliex, cogérant de Telenco. “L’essentiel est de préserver les effectifs aussi longtemps que possible pour conserver une qualité de service optimale. Dans ces périodes, il faut redoubler d’attention avec ses clients, et pour cela les équipes doivent rester motivées.” Pour Jean Vaylet, il convient de compter sur la capacité de réaction positive des collaborateurs : “Quand les salariés de l’entreprise disposent de l’ensemble des données sur la situation, ils sont plus aptes à comprendre et donc à agir”, estime le président du Medef Isère, qui table sur le renforcement du rôle de la communication interne pour mobiliser les personnes. “Les brainstormings collectifs peuvent générer des idées fructueuses. N’oublions pas que la valeur collective est toujours supérieure à la somme des valeurs individuelles !” C’est peut-être aussi le moment de miser sur de nouvelles compétences en vue de la croissance de demain et d’étoffer ces équipes en faisant notamment appel à l’alternance. Béatrice Douillet, responsable du centre CESI de Grenoble, estime que des ingénieurs en alternance constituent une opportunité payante pour optimiser la gestion des projets de l’entreprise. “Lorsqu’on manque de moyens pour embaucher des ingénieurs ou des techniciens, ce dispositif préserve la trésorerie des entreprises, grâce au coût limité et à sa prise en charge”, explique-t-elle. Un ingénieur en alternance peut être d’autant plus précieux qu’il est capable d’évaluer les risques et de trier les projets pour faire émerger rapidement les plus porteurs. “C’est aussi un investissement à long terme pour l’entreprise, qui peut l’embaucher en toute connaissance de cause au moment du redémarrage”, insiste Béatrice Douillet. De son côté, le délégué général de l’Udimec, Thierry Uring, veut croire aussi à la pérennité des savoir-faire pour assurer la compétitivité des entreprises. Il propose pour cela d’affecter de petites équipes à différentes activités stratégiques pour l’avenir : veille technique et technologique, capitalisation des connaissances techniques pour optimiser les processus, réflexion sur les domaines émergents, etc. Il propose également la création d’un compte temps anticipé, qui permettrait une modulation du temps de travail : “Ce compte établirait un crédit d’heures à effectuer dans les deux années suivant la reprise, quand l’activité redoublée l’exigera”, explique Thierry Uring. Le principe d’Archimède valant aussi en économie, la crise devrait engendrer un rebond d’une force au moins égale. Autant être présent et bien armé dès les premiers signaux de reprise.

R. Gonzalez


 

Huit opportunités anticrise
Les entreprises sont confrontées à la fragilité des marchés et à la réduction des financements. La CCI de Grenoble leur propose de saisir des opportunités avec des réponses concrètes à effets rapides.

Pour développer vos marchés  
• Être visible sur le Net : pour capter de nouveaux prospects et fidéliser vos clients.   
• Accéder facilement aux appels d’offres de marchés publics des 27 pays de l’Union européenne : un moyen efficace pour répondre aux offres du secteur public.   
• Repérer les marchés étrangers les plus porteurs : les secteurs qui se développent, les marchés solvables.

Pour préparer l’avenir  
• Vous positionner sur le développement durable : achats responsables, écoconception, écoconstruction…, pour être prêts les premiers.   
• Former vos collaborateurs aux métiers dont votre entreprise aura besoin demain.   
• Miser sur les réseaux d’entreprises : Ecobiz, pôles de compétitivité…

Pour optimiser vos coûts
• Optimiser votre processus de production et vos systèmes d’information.   
• Réduire vos coûts d’achats et de logistique.

Pour chaque opportunité, nous vous proposons des réponses concrètes avec des ateliers de quelques heures et des rencontres avec des spécialistes.

À votre disposition, également, la possibilité de rencontrer confidentiellement un expert pour traiter vos difficultés financières.

Vous êtes intéressé par l’une de ces propositions, contactez notre centre d’appui :
par téléphone : 04 76 28 29 28, ou par mail : [email protected]

 

Oséo en Isère

1 400

C’est le nombre de projets accompagnés en 2007, pour un montant total de 350 millions d’euros, au titre des trois métiers d’Oséo : soutien à l’innovation, garantie des concours bancaires et financement des investissements et du cycle d’exploitation.
Depuis l’annonce du renforcement des moyens d’Oséo dans le cadre des plans de soutien d’octobre et de relance de décembre 2008, Oséo enregistre un doublement de son activité de garantie, en nombre et en montant, depuis novembre dernier. Son intervention au titre du renforcement de la trésorerie des PME, dans le cadre du plan de soutien uniquement, concerne 55 entreprises.

 





 
   

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