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Dominique Verdiel, “Je suis avant tout un entrepreneur”

Indépendant et visionnaire, Dominique Verdiel est un authentique entrepreneur. Fondateur de la holding Hot, spécialisée dans les activités d’édition, de communication, de publicité, il a repris en 2007 une institution de la presse départementale, Les Affiches de Grenoble et du Dauphiné. Il s’apprête aujourd’hui à signer de nouvelles acquisitions. Portrait d’un homme d’actions.
Vous reconnaissez-vous plutôt comme un homme de médias, ou comme un homme de presse ?
Ni l’un ni l’autre. Je suis avant tout un entrepreneur, et j’y tiens. Pour la petite histoire, j’ai effectué mes études de droit à Grenoble en créant, avec mon frère, étudiant en médecine, une société d’affichage publicitaire. Lorsque j’ai obtenu ma maîtrise de droit des affaires, notre SARL employait cinq salariés. Dans les années qui ont suivi, je me suis entièrement dédié à son développement, avec de bons résultats puisqu’en 1997 nous étions devenus le premier afficheur régional indépendant en France. La société comptait 60 collaborateurs, et réalisait 45 MF de chiffre d’affaires sur les régions Rhône-Alpes, Bourgogne et le Jura.

Et vous décidez de vendre cette société…
Oui, avant tout pour des raisons de taille : nous étions gros parmi les petits, et minuscules aux côtés de Giraudy ou Dauphin. En 2000, nous avons vendu la société au groupe américain CBS Viacom, qui lui-même venait de racheter Giraudy. La suite m’a donné raison. Sur le plan personnel, j’estimais aussi avoir fait le tour du métier. Entre 2000 et 2002, ont alors commencé deux années passionnantes au sein de CBS Viacom : le groupe m’a confié une mission pour accompagner l’intégration de notre société, et j’ai réalisé le même travail à Madrid lorsque Viacom a racheté le premier indépendant espagnol. De la gestion d’une “petite boutique grenobloise”, j’ai découvert, sous l’autorité d’un dirigeant exceptionnel, les procédures, le reporting et la méthodologie d’un groupe dont l’activité en France ne représentait que 1 % de son effectif mondial ! J’ai beaucoup appris, et tout cela me sert encore. J’avais de belles opportunités chez Viacom, mais ma nature profonde – l’indépendance, l’envie de recréer ma propre activité – a vite repris le dessus.

Vous fondez alors Hot, une holding que vous dirigez encore aujourd’hui. Quelles sont ses activités ?
Avec Hot, j’ai souhaité reconstituer un pôle d’activités de communication et de publicité, à partir d’un produit phare positionné sur la montagne. Je me suis adjoint pour ce projet Pierre Métayer, mon directeur général associé depuis 1993. Ensemble, nous avons bâti le premier opérateur d’information, de communication dans les stations de ski, en nouant des liens forts avec le SNTF [Syndicat national des téléphériques de France, ndLR] et les acteurs de la montagne. Hot a représenté jusqu’à 5 millions d’euros de chiffre d’affaires et 20 personnes. Ensuite est intervenu le rachat des Affiches.

“Ce n’est pas un journal que j’ai racheté, mais une société”

Précisément, qu’est-ce qui vous a conduit à réaliser cette acquisition ?
Nous nous connaissions avec Jean-Claude Cellard depuis une dizaine d’années, au sein du GF38 dont j’ai été le président fondateur entre 1997 et 1999. Nous avons noué des liens d’amitié, et régulièrement, il me parlait de sa succession. C’est à Noël 2006 qu’il a insisté : “Vous devriez vous intéresser aux Affiches”. Je lui ai promis d’étudier la question. Ce que j’ai découvert m’a plu. Parmi les huit repreneurs, je ne représentais pas l’offre la plus élevée. Mais Jean-Claude Cellard a toujours affirmé qu’il voulait privilégier à la fois un local, un indépendant, et qu’il refuserait toute approche motivée par des seuls intérêts financiers. L’affaire s’est conclue en juillet 2007. De mon côté, contrairement à ce que l’on a pu dire, je n’ai pas voulu m’offrir un titre de presse et, partant de là, assouvir je ne sais quel fantasme. Ce n’est pas un journal que j’ai acheté mais une société, qui se trouvait réunir toutes les caractéristiques d’une entreprise de qualité, c’est-à-dire un produit apprécié chaque semaine par des lecteurs fidèles, des services aux professionnels au tr avers de la publication des appels d’offres et des annonces légales, et le meilleur positionnement de la presse hebdomadaire régionale, avec 90 % de parts de marché sur les marchés publics isérois. Ce journal est resté un modèle, une référence pour la profession. Il dispose en outre d’une marque, d’un affect, qui lui confèrent une véritable légitimité. À tel point que ce titre appartient à l’ensemble des Isérois – de Grenoble, Bourgoin, Vienne en passant par Voiron – aux acteurs économiques, politiques et culturels, et aux professionnels du droit et du chiffre.

À partir de ce diagnostic initial, quel regard portez-vous sur la situation que traversent les éditeurs de presse ?
Je ne peux porter qu’un regard extérieur, et je me garderai bien de toute certitude. Mais, à mon sens, les éditeurs se reposent trop sur les recettes issues de la diffusion. Or celle-ci est rarement la clé d’un modèle économique. Au sein du groupe, toutes activités confondues, nos recettes sont issues pour un tiers des annonces légales, et pour un autre tiers de la publicité. Chez nous, les recettes de diffusion – et nous sommes pourtant quatre fois plus diffusés que la moyenne de nos confrères ! – ne représentent que 10 % des ressources. Les 20 % restants proviennent de la communication événementielle, grâce aux partenariats forts que nous avons noués avec plusieurs professions. La presse, c’est certain, ne saurait être une bulle épargnée dans une conjoncture économique dégradée. Nous avons connu une baisse de nos ressources en 2009 et un exercice en recul de 9 %, mais nous avons su garder une bonne rentabilité. L’objectif qui consiste, pour chacune de nos publications, à en consolider le leadership sur son territoire d’expression, est bien une stratégie gagnante. Ensuite, il convient de mettre de la transversalité, des synergies, afin d’optimiser les contenus et les savoir-faire des équipes. Savez-vous que nous ne publions que 15 % des informations que nous recueillons sur le terrain ? Nous pourrions bien sûr multiplier les contenus gratuits sur Internet. Mais quel serait l’intérêt économique ? Dans la presse, il faut arrêter de faire n’importe quoi. Il est nécessaire de toujours faire passer la viabilité de l’entreprise au premier plan.

Quels sont maintenant vos projets ?
En 2010, nous lancerons la publicité commerciale sur notre site. Nous poursuivrons aussi les efforts importants réalisés depuis 18 mois sur notre plate-forme de dématérialisation des marchés publics. Au 1er janvier 2012, tout donneur d’ordres aura l’obligation d’offrir une réponse dématérialisée aux entreprises postulantes, et nous serons la place de marché numérique iséroise de référence. À plus longue échéance, nous réaliserons encore de la croissance organique, en apportant des services, et donc de l’utilité et de la valeur ajoutée à nos clients. Et puis nous étudions les opportunités d’acquisitions, en Isère, dans le Rhône, et sur les Alpes, notre territoire naturel d’expression.

Dernière question, pourquoi un bâtiment HQE pour abriter vos activités ?
Parce que ce sont nos convictions ! Des exemples concrets d’une stratégie de développement durable, vous en trouverez dans des projets publics, parapublics, chez les grands groupes. Dans les petites entreprises, des bâtiments comme le nôtre, il n’y en a pas ou très peu. Cela revient plus cher en conception, mais nous réalisons une économie d’énergie de 50 % par an. De toute façon, ce n’est pas le retour sur investissement qui a dicté notre décision. Ce sont nos valeurs, et lorsque l’on y croit, on s’engage ! C’est tout l’intérêt de l’indépendance…

Propos recueillis par Élisabeth Ballery


© E. Tolwinska


Jardin secret à Taquile
Dominique Verdiel voue une passion aux pays andins, où il se rend régulièrement avec son épouse péruvienne et ses quatre enfants. “Cela fait 25 ans que je les parcours. Je m’y sens chez moi”, déclare-t-il. Cet amour pour les Andes se devine au travers des initiales HOT pour “Holding Orqo Taquile”. Orqo signifie montagne en quechua (la langue des Incas), et Taquile désigne une île du lac Titicaca, au Pérou, où il se ressource. HOT soutient à Taquile plusieurs actions de coopération, la fourniture de matériel scolaire et pédagogique aux collèges de l’île, une aide à l’accueil des touristes et la réalisation d’un site Internet. Et parce que son tempérament de chef d’entreprise revient toujours à la surface, Dominique Verdiel a contribué en septembre 2009 à l’organisation du premier salon de la montagne andine à Chillan, près de Santiago du Chili.

En chiffres
Chiffre d’affaires de Dovemed (holding de tête) en 2009 : 11,4 M€ (dont un peu plus 50 % réalisés par Les Affiches).
Effectif : 70 personnes.
Une quinzaine de titres édités à l’année : Les Affiches, Montagne Leaders, La Mairie Magazine, La Lettre Éco de Montagne Expansion, et des suppléments thématiques et culturels.



       

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