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Gestion comptable : adoptez les bons réflexes !

De quelle latitude disposent encore les nombreuses entreprises qui s’apprêtent à clôturer leurs comptes de l’année 2009 ? En période de crise, l’exercice s’annonce parfois délicat. Les trésoreries ont souffert et les experts-comptables conseillent avant tout de garder un œil attentif sur des indicateurs clés. Des professionnels et experts délivrent leurs recommandations.
“Le meilleur moyen de bien clôturer son exercice est d’avoir eu un suivi tout au long de l’année. Et l’élément essentiel reste le tableau de bord mensuel”, prévient Salvatore Cimmino, expert-comptable du cabinet AMC Consultant, à Échirolles, mais aussi responsable de la commission communication au conseil régional de l’ordre des experts-comptables. “L’organisation de la tenue comptable, au sein d’une entreprise ou en délégation auprès d’un expert-comptable, est une obligation faite aux entreprises, en respect des règles fiscales et du code du commerce”, rappelle Martine Paccoud, expert-comptable associée du cabinet Sovec, à Échirolles. “Le dirigeant doit avoir à l’esprit dès la création d’entreprise de se préoccuper de ses obligations comptables, fiscales et sociales”, insiste-t-elle. “Les comptes sont un outil de gestion et de pilotage au service du chef d’entreprise”, martèle Dominique Séon, expert-comptable, de Barthélémy et Associés, à Grenoble et à La Mure, et président de l’Adeca (association des experts-comptables des Alpes).


© Jupiterimages


Suivre au plus près l’évolution des comptes

Bien entendu, l’anticipation demeure la clé du bon déroulement d’un exercice comptable. Et la rencontre avec l’expert-comptable ne peut se résumer à un rendez-vous annuel. Le tableau de bord interne ou un état de la situation à mi-exercice se révèlent être des outils de pilotage adaptés en fonction des besoins de l’entreprise. Ils reprennent les éléments comptables essentiels tels que l’évolution du chiffre d’affaires, l’achat des fournitures et les volumes financiers engagés pour couvrir les frais généraux et toutes les autres dépenses de l’entreprise. “L’essentiel est de suivre en permanence l’évolution de l’activité”, poursuit Salvatore Cimmino. Surveiller les équilibres financiers, observer les tendances : le tableau de bord n’est pas l’apanage des grandes entreprises et sa tenue est, si possible, mensuelle. “Plus l’entreprise est petite et plus le tableau de bord est important car le dirigeant dispose de peu d’indicateurs de gestion de son activité”, explique Dominique Séon. Un à deux mois avant la clôture des comptes, cet état à mi-exercice peut se compléter d’une situation intercalaire permettant d’avoir une photographie de l’année en cours pour choisir les dernières options.

Préserver la trésorerie
La réactivité économique est particulièrement requise en temps de crise, sans quoi l’impact sur la trésorerie peut être rapide et violent. “Sans adaptation et anticipation, l’entreprise tombe tout de suite”, constate Dominique Séon. Les dirigeants doivent garder un œil sur la progression du chiffre d’affaires, sur les marges, sur l’évolution de la masse salariale et sur les prévisions des prises de commandes. Pour faire face à des difficultés temporaires de trésorerie, le dirigeant peut ponctuellement venir renforcer les fonds propres de l’entreprise par des fonds personnels. Cette solution présente l’avantage d’augmenter les capitaux propres et donc d’améliorer la présentation des comptes tout en allégeant la fiscalité personnelle du dirigeant. Dans certains cas, si des difficultés persistent, la procédure de la Commission des chefs de services financiers (CCSF) permet l’étalement de la dette sociale et fiscale sans pénalités. De plus, Dominique Séon souligne qu’en période de crise, le Trésor public et les pouvoirs publics en général jouent le jeu du remboursement anticipé de leurs créances sur les entreprises, dans le cadre du plan de relance impulsé par le gouvernement : crédit de TVA, suspension des prélèvements d’acompte d’impôts sur les sociétés (IS), carry back ou report en arrière des déficits, crédit d’impôt recherche (CIR). Autant de formules qui peuvent amener des bouffées d’oxygène dans les trésoreries. Car le CIR, contrairement aux idées reçues, n’est pas destiné qu’aux seules entreprises high-tech. Il offre des conditions très favorables à hauteur de 50 % de crédit d’impôt des dépenses de recherche éligibles la première année de la demande, à condition de faire valider le dispositif auprès d’Oséo ou par l’administration fiscale, puis de 40 % et de 30 % les deux années suivantes. Toutes les sociétés engageant un projet d’innovation – et pas seulement les jeunes entreprises innovantes (JEI) – bénéficient d’exonérations fiscales.



“Plus l’entreprise est petite et plus le tableau de bord est important car le dirigeant dispose de peu d’indicateurs de gestion de son activité”, explique Dominique Séon.
© F. Ardito



L’anticipation demeure la clé du bon déroulement d’un exercice comptable

Optimiser la présentation des comptes
Au passif, il est aussi possible de peser sur la dette fiscale en provisionnant, pour cette année encore, la quote-part de la taxe professionnelle, ainsi que la charge de l’impôt relative à la période concernée. Les entreprises peuvent également surseoir la pratique des amortissements accélérés, dont elles avaient profité dans le cadre de politiques dérogatoires, afin d’améliorer le compte de résultat. Pour optimiser leurs comptes, les entreprises devront en outre réviser tous les postes de dépenses pour trouver des sources d’économie comme, par exemple, les contrats d’intéressement, les primes et autres dépenses à caractère variable (déplacements, frais de mission…). Les outils d’optimisation peuvent, enfin, porter sur la rémunération du dirigeant au travers des dividendes, des versements des salaires, sur les contrats Madelin. De même, les abondements sur les PEE peuvent être suspendus si l’exercice a été insuffisant. De la même façon, il convient de faire le point sur la bonne évaluation des actifs mobiliers et immobiliers, stocks, risque client. Pour tous les professionnels, et en particulier pour les commerçants, il importe de procéder à l’inventaire à la clôture de l’exercice. Il est important de chiffrer le stock et surtout son niveau de dépréciation pour provisionner son risque de dépréciation. Par ailleurs, il faudra évaluer le niveau des placements, leurs plus ou moins values et, le cas échéant, provisionner des moins values latentes.

Provisionner le risque client
“Depuis septembre 2008, l’attention des entreprises est attirée sur la recouvrabilité du poste client”, rappelle Éric Vieux-Melchior, expert-comptable au cabinet BBM Associés, à Seyssinet-Pariset. Il est conseillé de faire des relances régulières pour recouvrer les créances, voire de confier cette partie à des professionnels de l’affacturage, par exemple. Si un litige est en cours, il faut alors le provisionner. Ces risques ressortent dans la présentation du bilan et alourdissent les comptes de résultat. “Si le crédit client est important, il existe des moyens comme l’escompte, pour réduire le volume des créances. Ce n’est pas au 31 décembre qu’il faut déterminer les équilibres financiers. Tout doit être préparé en amont”, répète Salvatore Cimmino. Des entreprises pratiquent déjà l’acompte à la commande pour limiter la portée du risque de non-paiement.Dans ces conditions, on peut se poser la question de l’impact de la loi LME sur la réduction des délais de paiement. Les entreprises des secteurs industriels et intermédiaires semblent les plus touchées en raison d’un différentiel de délai entre les encaissements clients, qui subissent des retards du fait de la crise, et les décaissements vis-à-vis des fournisseurs, dont le délai est contraint par la loi. Les équilibres financiers globaux de l’entreprise en sont nécessairement impactés. Cette loi, qui présentait le mérite de clarifier les relations entre les entreprises, est en ce sens entrée en vigueur au mauvais moment. En résumé, il est conseillé de tenir compte de tous les événements survenus durant l’exercice et de les apprécier pour prévenir, notamment, lorsqu’il existe un risque et des possibilités de litiges.





“Ce n’est pas au 31 décembre qu’il faut déterminer les équilibres financiers. Tout doit être préparé en amont”

À quel moment agir ?
Il s’agira en outre d’estimer si la charge des événements survenus en 2009 est comptée ou prise sur l’exercice suivant. Si l’exercice de l’année est satisfaisant, pourquoi ne pas anticiper certaines dépenses sur l’exercice suivant, comme celles liées à l’entretien, de façon à faire baisser le résultat ? Ou, a contrario, de les décaler si le résultat de l’année en cours se présente un peu moins bien. Réduire, allonger la durée de l’exercice : certaines entreprises s’y risquent. L’exercice de 12 mois n’est pas obligatoire, une réduction peut permettre de limiter la dette fiscale ou sociale, de faire apparaître un déficit ou un bénéfice. “Ce n’est pas une bonne chose de changer la date de clôture, surtout s’il s’agit de masquer des pertes. C’est se voiler la face”, juge pour sa part Éric Vieux-Melchior, hormis s’il s’agit d’intégrer un groupe qui clôture à une autre date. “Le changement de méthodes peut apporter une présentation plus flatteuse”, note de son côté Jean-Marc Baumann, expert-comptable au cabinet KPMG, à Meylan. Il convient d’éviter de tomber dans les travers tels que le gonflement du stock ou la non-dépréciation du poste client. En dépit de toutes les précautions qu’elles ont pu prendre en interne (réduction des frais généraux et/ou des charges), de nombreuses entreprises se retrouvent confrontées à de réelles difficultés. “Souvent, les dirigeants de TPE ou PME veulent s’en sortir seuls. Or il existe des façons d’éviter des conséquences sociales négatives, comme les licenciements économiques, en prenant des mesures telles que le chômage partiel, la renégociation des contrats avec les banques, l’échelonnement de l’emprunt”, rappelle Martine Paccoud. Un suivi régulier permet de prendre à temps les mesures nécessaires et, s’il le faut, d’engager un plan de sauvegarde, à condition toutefois de ne pas être déjà en cessation de paiement ! L’ensemble des dettes et cautions sont alors gelées pendant une période de 18 mois maximum. La transparence juridique et comptable du dossier en renforcera la crédibilité. “S’y prendre au dernier moment, c’est courir à la catastrophe. C’est souvent le cas des entreprises créées récemment”, constate Dominique Séon.

La réduction d’activité
En cette fin d’année 2009, les experts-comptables sont réalistes. “Des entreprises ont des difficultés à sortir des résultats satisfaisants et il n’existe pas de solution miracle pour améliorer une situation détériorée”, note Salvatore Cimmino. Il rappelle que, dans le mois qui suit l’assemblée générale des actionnaires, le dirigeant ou l’expert-comptable a pour obligation de déposer les comptes au greffe du tribunal de commerce.
En période de difficultés économiques, le tribunal de commerce et le greffe sont plus exigeants sur le dépôt des comptes, et les entreprises relancées risquent des pénalités. “Au final, anticipation, rigueur, recul, et se poser les bonnes questions autour de sa stratégie pour réorienter l’entreprise vers des voies plus profitables”, telle est la démarche que préconise Jean-Marc Baumann. Tous les experts recommandent de s’assurer des meilleurs conseils auprès de leurs partenaires, professionnels du chiffre et du droit, pour clôturer ses comptes dans les meilleures conditions, choisir les bonnes options, et assurer un meilleur pilotage de l’entreprise.

I. Doucet-Sardin





CWS : PME de demain
“Les start-up ne répondent pas aux mêmes critères que les PME. Elles n’ont pas de chiffre d’affaires récurent ou pas de chiffre d’affaires du tout !”, rappelle Brieuc Turluche, fondateur de CWS à Moirans, défenseur de l’aide aux PME de demain. En dépit des exonérations sociales et fiscales dont bénéficient les jeunes entreprises innovantes, il estime insuffisantes les mesures en faveur des start-up technologiques. Il s’explique : “Le crédit d’impôt recherche (CIR) est un levier de financement des entreprises innovantes, qui serait encore plus efficace si n’était déduit de son assiette le calcul des subventions reçues. La loi TEPA, qui permet de défiscaliser l’ISF, est un autre levier, mais le relais doit être assuré le plus tôt possible par un vrai chiffre d’affaires, d’où l’idée d’un Small Business Act à la française.” CWS, éditeur de logiciels d’EDA (Electronic Design Automation) pour la microélectronique, est ainsi née en 2005. C’est seulement en 2008 que ses solutions atteignent leur phase de commercialisation. Business Angel, Brieuc Turluche a autofinancé l’entreprise pendant trois ans avant de procéder à ses premières levées de fonds. Environ 5 millions d’euros ont été injectés dans CWS qui emploie 15 personnes. Le dirigeant vise l’équilibre financier pour la fin de l’année. Pour CWS, le CIR a pesé quelque 200 000 euros par an. “On ne pourrait pas vivre sans cela.” À ce levier, s’ajoutent des aides européennes (Catrene, Feder, Coface, Ideclic…). “Du concept à la réalisation du produit, les résultats demeurent déséquilibrés”, poursuit-il. C’est la loi du genre.

Panel régional sur la trésorerie des TPE-PME
Si la part des TPE-PME qui rencontrent des difficultés de trésorerie est en léger recul (31 %) par rapport aux  précédentes enquêtes de conjoncture, celles en situation très difficile sont plus nombreuses. C’est dans l’industrie que les difficultés sont les plus fréquentes (40 % avec 10 % de TPE-PME en situation très difficile). Malgré une conjoncture plus favorable, les services informatiques sont aussi plus confrontés aux problèmes de trésorerie que la moyenne des TPE-PME. Parmi les causes des difficultés de trésorerie, la baisse d’activité est plus fréquemment citée que lors des précédentes enquêtes ; elle est évoquée par les trois quarts des entreprises annonçant des difficultés de trésorerie. L’allongement des délais de règlement des clients reste la seconde cause, mais sans augmentation de la fréquence de citation. Le refus ou la réduction de ligne de crédit par les banques (14 %) est en hausse de 3 points.
Source : les résultats présentés sont issus du panel régional de conjoncture “Suivi de la crise” CRCI-CCI de Rhône-Alpes, qui a été interrogé du 1er au 7 septembre 2009.

Des comptes, pour quoi faire ?
Les comptes constituent un ensemble de travaux qui permettent l’établissement de documents officiels : le bilan, le compte de résultat et les annexes. Le compte de résultat fournit le résultat de l’activité (chiffre d’affaires, dépréciations…) qui permettra de déterminer le revenu imposable ou encore le revenu à distribuer. Les annexes obligatoires donnent une information complémentaire au bilan et au compte de résultat. Elles éclairent le tiers sur les faits significatifs de l’exercice ainsi que sur les règles et méthodes comptables utilisées pour la présentation des comptes. Des éléments complémentaires (tableaux de chiffres relatifs aux investissements, provisions…) y sont adjoints. Ces états financiers permettront de préparer l’assemblée générale annuelle qui réunit les actionnaires ou les associés pour l’approbation des comptes, laquelle doit avoir lieu dans un délai de six mois après la clôture des comptes.


       

Information

Editor :

Administration de Grenoble Ecobiz

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